Biodiversité des Légumes feuilles Traditionnels consommés au Bénin

L’agriculture traditionnelle des zones tropicales est caractérisée par des systèmes de cultures diversifiés à faibles apports d’intrants agricoles. Dans ces systèmes de culture, les légumes feuilles traditionnels (LFT) occupent une place de choix du fait de leurs propriétés intéressantes que sont la croissance rapide, la facilité de production et la haute valeur nutritive (Westphal et al, 1985). Les LFT jouent un grand rôle dans l’agriculture et dans l’alimentation et génèrent des revenus non négligeables aussi bien dans les zones rurales que dans les zones urbaines (Chweya et Eyzaguirre 1999, Adjatin, 2006). Ils sont d’importantes sources de vitamines (A, B, C), d’oligo-éléments, de protéines, de fibres et de glucides (Stevels, 1990 ; Mnzava, 1997 ;Chweya et Eyzaguirre, 1999) et contribuent de ce fait à l’amélioration de l’état nutritionnel des populations aussi bien dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Selon Oomen et Grubben (1978), des légumes-feuilles comme l’amarante ont la même teneur moyenne en protéines que les légumineuses à graines (arachide, soja, niébé) et contiennent sept fois plus de calcium, deux fois plus de fer, 191 fois plus de carotène et 78 fois plus de vitamine C. En plus de leur richesse en éléments nutritifs, les LFT sont disponibles, adaptés à nos conditions agroécologiques et à coût de production faible (Westphal etal ., 1985). Certains LFT tels que Amaranthus spp. sont cultivés mais beaucoup d’autres poussent à l’état sauvage où ils sont récoltés. De nombreux LFT possèdent des vertus médicinales et sont utilisés pour soigner diverses maladies (paludisme, parasites intestinaux, infection, etc.). La production, la ceuillette, la domestication, la commercialisation, la conservation et et l’utilisatipon des légumes feuilles sont essentiellement des activités feminines (Chweya et Eyzaguirre 1999). Pour celles-ci surtout mais aussi pour les hommes producteurs dans les centres maraichers, les légumes feuilles constituent d’enormes sources de revenus. Compte tenu de l’importance économique, nutritionnelle et médicinale des LFT surtout pour les communautés rurales à faible revenu, l’intensification de leur utilisation et l’amélioration de leur qualité et de leur productivité constituent sans doute des solutions alternatives à la préservation de leur biodiversité, à la résolution des problèmes de sous- alimentation et à l’amélioration du niveau de vie des populations. Malheureusement, en dehors de Amaranthus spp. , de Solanum spp. et de Corchorus spp ., les espèces de LFT consommées au Bénin sont encore très peu connues (Assogba-Komlan et al ., 2003). La persistance d’une telle négligence accentuera l’érosion de leurs ressources génétiques avec des conséquences immédiates sur l’état nutritionnel et la sécurité alimentaire de nos populations. Il est donc important de mieux les connaître pour mieux les valoriser, les promouvoir et les conserver. Pour répondre à ce souci, une étude ethnobotanique a été initiée et conduite par l’Unité de Recherche sur les Ressources Phytogénétiques du Laboratoire de Génétique et de Biotechnologie de la FAST en collaboration avec l’Institut de Recherche et de Développement sur la biodiversité des plantes Cultivées Aromatiques et Médicinales (IRDCAM). Les espèces de plantes utilisées ont été recensées et leur variation à travers les groupes ethniques analysées. La nomenclature vernaculaire, les critères de préférence et de sélection, les pratiques culturales et les systèmes de culture, le système semencier et la conservation des semences ainsi que la domestication des espèces sauvages ont été analysés. Le présent document apparaît non seulement comme une synthèse des principaux acquis mais aussi comme un répertoire ou un catalogue. Il permet aux chercheurs, aux développeurs et aux consommateurs de connaître les différents noms vernaculaires d’une plante utilisée comme légume feuille à partir de son nom scientifique ou d’identifier une espèce à partir de son nom vernaculaire. Il est subdivisé en deux grandes parties. La première renferme des généralités sur le Bénin et sur les légumes feuilles traditionnels et la deuxième renferme le répertoire souvenu par des photos des principales espèces.

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Selon Oomen et Grubben (1978), des légumes-feuilles comme l’amarante ont la même teneur moyenne en protéines que les légumineuses à graines (arachide, soja, niébé) et contiennent sept fois plus de calcium, deux fois plus de fer, 191 fois plus de carotène et 78 fois plus de vitamine C. En plus de leur richesse en éléments nutritifs, les LFT sont disponibles, adaptés à nos conditions agroécologiques et à coût de production faible (Westphal etal ., 1985). Certains LFT tels que Amaranthus spp. sont cultivés mais beaucoup d’autres poussent à l’état sauvage où ils sont récoltés. De nombreux LFT possèdent des vertus médicinales et sont utilisés pour soigner diverses maladies (paludisme, parasites intestinaux, infection, etc.). La production, la ceuillette, la domestication, la commercialisation, la conservation et et l’utilisatipon des légumes feuilles sont essentiellement des activités feminines (Chweya et Eyzaguirre 1999). Pour celles-ci surtout mais aussi pour les hommes producteurs dans les centres maraichers, les légumes feuilles constituent d’enormes sources de revenus. Compte tenu de l’importance économique, nutritionnelle et médicinale des LFT surtout pour les communautés rurales à faible revenu, l’intensification de leur utilisation et l’amélioration de leur qualité et de leur productivité constituent sans doute des solutions alternatives à la préservation de leur biodiversité, à la résolution des problèmes de sous- alimentation et à l’amélioration du niveau de vie des populations. Malheureusement, en dehors de Amaranthus spp. , de Solanum spp. et de Corchorus spp ., les espèces de LFT consommées au Bénin sont encore très peu connues (Assogba-Komlan et al ., 2003). La persistance d’une telle négligence accentuera l’érosion de leurs ressources génétiques avec des conséquences immédiates sur l’état nutritionnel et la sécurité alimentaire de nos populations. Il est donc important de mieux les connaître pour mieux les valoriser, les promouvoir et les conserver. Pour répondre à ce souci, une étude ethnobotanique a été initiée et conduite par l’Unité de Recherche sur les Ressources Phytogénétiques du Laboratoire de Génétique et de Biotechnologie de la FAST en collaboration avec l’Institut de Recherche et de Développement sur la biodiversité des plantes Cultivées Aromatiques et Médicinales (IRDCAM). Les espèces de plantes utilisées ont été recensées et leur variation à travers les groupes ethniques analysées. La nomenclature vernaculaire, les critères de préférence et de sélection, les pratiques culturales et les systèmes de culture, le système semencier et la conservation des semences ainsi que la domestication des espèces sauvages ont été analysés. Le présent document apparaît non seulement comme une synthèse des principaux acquis mais aussi comme un répertoire ou un catalogue. Il permet aux chercheurs, aux développeurs et aux consommateurs de connaître les différents noms vernaculaires d’une plante utilisée comme légume feuille à partir de son nom scientifique ou d’identifier une espèce à partir de son nom vernaculaire. Il est subdivisé en deux grandes parties. La première renferme des généralités sur le Bénin et sur les légumes feuilles traditionnels et la deuxième renferme le répertoire souvenu par des photos des principales espèces.</p>\r\n","format":"basic_html","processed":"<p>L’agriculture traditionnelle des zones tropicales est caractérisée par des systèmes de cultures diversifiés à faibles apports d’intrants agricoles. Dans ces systèmes de culture, les légumes feuilles traditionnels (LFT) occupent une place de choix du fait de leurs propriétés intéressantes que sont la croissance rapide, la facilité de production et la haute valeur nutritive (Westphal et al, 1985). 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Compte tenu de l’importance économique, nutritionnelle et médicinale des LFT surtout pour les communautés rurales à faible revenu, l’intensification de leur utilisation et l’amélioration de leur qualité et de leur productivité constituent sans doute des solutions alternatives à la préservation de leur biodiversité, à la résolution des problèmes de sous- alimentation et à l’amélioration du niveau de vie des populations. Malheureusement, en dehors de Amaranthus spp. , de Solanum spp. et de Corchorus spp ., les espèces de LFT consommées au Bénin sont encore très peu connues (Assogba-Komlan et al ., 2003). La persistance d’une telle négligence accentuera l’érosion de leurs ressources génétiques avec des conséquences immédiates sur l’état nutritionnel et la sécurité alimentaire de nos populations. Il est donc important de mieux les connaître pour mieux les valoriser, les promouvoir et les conserver. 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